Il est des situations où les format « classiques » 1×1, 2×4, 2×3, et même 16×9 ne donnent pas un résultat satisfaisant à l’œil. Ce sont le plus souvent des paysages qui perdent beaucoup de leur « immensité » dans ces formats.
Il faut passer à autre chose. Les formats panoramiques sont une solution.
Comment réaliser une image panoramique
Une image panoramique est une image qui couvre un champ de vision très important. Ça peut aller jusqu’à 360°. En conséquence elle est beaucoup plus longue que large.
Il existe plusieurs solutions suivant votre appareil et le temps que vous êtes prêts à consacrer à cette image.
Vite-fait
Certains appareils ont une option prise de vue panoramique (il en existe même des dédiés à cette tâche). Ils font tout à votre place. Vous choisissez le format (portrait ou paysage), la direction (droite/gauche, haut/bas, etc.). Vous déclenchez en balayant l’espace concerné et il vous restitue un panoramique. Cette méthode couvre en général un champ de 180° environ ; c’est déjà très bien !
Inconvénients, c’est du jpg et la définition globale est relativement faible. Mais honnêtement ça rend pas mal et c’est rapide. J’utilise souvent cette solution en voyage touristique. Seule condition : il ne faut pas qu’un « mouvement » traverse le champ sinon vous aurez un « fantôme » coupé sur le cliché. De plus, si votre panoramique n’est pas horizontal ou si votre sujet est trop proche ou … vous obtiendrez une image déformée (distorsions variées) difficile à récupérer.
En trichant
Vous photographiez au grand ou très grand angle. Au développement vous recadrez en format panoramique pour ne garder que le centre d’intérêt. Le plus souvent on supprime beaucoup les ciels dans ce genre d’image. Inconvénient vous perdez des pixels. Mais ça marche aussi et votre base de travail sera en raw. En plus, sur des images en mouvement comme une mer démontée c’est la seule solution possible (sauf posséder un appareil dédié à 30 000€ …).
Pas vite-fait
L’appareil est posé sur trépied + rotule spéciale (et chère !!) avec règle graduée. Il est très soigneusement positionné : horizontale/verticale parfaites et axe de rotation à l’aplomb de la pupille d’entrée de l’objectif. La pupille d’entrée est souvent appelée point nodal. Si votre rotule est centrée à cet endroit, vous éviterez les erreurs de parallaxe. Ce point de convergence du faisceau lumineux à l’intérieur de l’optique est propre à chaque focale de chaque objectif. On règle en faisant coulisser la rotule sur la règle graduée.
Pupille d’entrée, le début de la galère
C’est surtout important avec les focales courtes (en deçà de l’équivalent 50mm) qui ne « tassent » pas les différents plans de l’image, après la différence de parallaxe est moins visible.
La méthode la plus sûre pour déterminer ce point, est le … tâtonnement expérimental. On place devant l’appareil sur trépied deux objets verticaux (deux poteaux par exemple. L’un proche, l’autre éloigné. On fait plusieurs images en changeant l’angle de prise de vue (en tournant légèrement l’appareil sur son trépied). L’écart entre les deux poteaux doit rester exactement le même. Le mieux c’est de regarder l’exemple.




Et surtout, on ne fait pas comme moi, quand on a trouvé le réglage du couple boitier / objectif, sur la règle graduée … on le note ! Ce réglage n’est pas compliqué, mais il est à faire en amont de la prise de vue, avant d’aller sur le terrain ! Si vous comptez utiliser plusieurs focales notez bien chaque réglage. C’est juste la position de la rotule sur la règle graduée.

La prise de vue
A noter, le matériel photographié ne permet pas des panoramas à la verticale … car je n’ai qu’une réglette graduée. Pour faire un assemblage dans les 2 directions on doit faire le réglage dans les deux sens (cher multiplié par 2).
Une fois le matériel réglé, vous allez prendre une série de clichés. Ne pas changer les réglages entre 2 clichés et les faire se superposer de 30%.
Le post traitement
Puis vous allez assembler cette série d’images dans un logiciel approprié (il y en a des gratuits). Ce dernier va aligner chaque cliché en analysant les parties communes. Après traitement par le logiciel vous allez obtenir une image parfaite (si vous avez soigné la préparation). Inconvénient, c’est une procédure très lourde. Mais ça donne une image raw extrêmement définie et d’une grande précision.
C’est la technique utilisée par les pros qui font de très grands formats. Ces images où on peut zoomer énormément sans perte de qualité et sans voir les pixels. L’image originale de l’illustration ci-dessous compte plus de 90 millions de pixels alors que le capteur n’en fait que 24.
Bien évidemment ça ne sert à rien pour un affichage web …

Entre les deux
Vous prenez quelques clichés « à la sauvage à main levé » et vous espérez que le logiciel arrivera à les aligner. Ça marche quand même, et pas si rarement si on n’est pas trop exigeant sur les détails (petites erreurs et artefacts de liaisons entre les images).
Abandonner l’espace d’un instant les formats traditionnels, permet de faire correspondre l’image à votre projet à la prise de vue. A quoi bon, par exemple, garder un tiers de ciel bleu juste parce que c’est le format alors que 10% suffisent amplement et que le cadrage ne permet pas de placer l’horizon si haut.




