J’essaie toujours, dans une certaine mesure de minimiser le rôle des horizontales et des verticales dans la construction de mes images (sans caricaturer quand même). Par contre je tente, quelquefois désespérément, de mettre les diagonales en valeur dans la composition.
J’aime les diagonales ! Même si certains sujets se prêtent à une construction orthonormée je préfère en général essayer de m’appuyer sur des directions « de biais ». Je trouve qu’elles donnent plus de dynamisme et de profondeur aux clichés.
Pareil pour les formes : triangle plutôt que carré ou rectangle « à plat ».
Je ne voudrais pas caricaturer mon propos, les horizontales et verticales ne sont pas à bannir. Quelquefois elles sont même la base des compositions. Il ne s’agit donc pas de chercher l’originalité à n’importe quel prix mais bien de donner à l’image davantage de punch. L’originalité éventuelle venant en sus si le cliché est réussi.
Si vous observez les réalisations de grands artistes (peintres, sculpteurs, photographes) vous trouverez quelquefois l’application du nombre d’or mais quasiment toujours une construction à partir de diagonales et de triangles. Seules exceptions les constructions que l’on veut délibérément « frontales » (portraits ethnographiques, constructions graphiques délibérément orthonormée).
Les sculpteurs grecs ont inventé le « chiasme » pour donner plus de dynamisme à leurs créations. Il s’agit de mettre en opposition l’inclinaison des épaules et des hanches. Ce mouvement crée un léger déséquilibre qui anime la composition (pas trop accentué le chiasme, sinon ça fait vulgaire). En portrait la ligne des épaules est rarement « de face » par rapport à l’objectif. Etc.
Les diagonales ont aussi tendance à ramener le regard vers l’image et à donner à la composition une connotation optimiste (bas gauche vers haut droit) ou le contraire. Elles portent donc en elles une force que n’ont pas les horizontales et verticales.
Les lignes obliques en général peuvent se combiner pour donner des V, des triangles. L’intersection de 2 diagonales majeures définit un point fort, bien plus pertinent que ceux de la sempiternelle pseudo-règle des tiers. J’ai déjà expliqué pourquoi la « règle » des tiers a une valeur pédagogique (décentrer), mais ce n’est pas un dogme de composition.
Des obliques parallèles ou sécantes au loin (point de fuite) donnent aussi une grande profondeur à une image.
La composition à partir de triangles est plus complexe mais tout aussi intéressante pour le regard
Attention, je ne suis pas certain que tous les sujets se prêtent à ce type de composition. Pour les paysages par exemple ce ne sera pas forcément un plus de pencher l’appareil photo. Mais rechercher dans le cadre des triangles et des diagonales et bâtir son cliché en en tenant compte est essentiel.
Ne pas avoir peur de « pencher » à la prise de vue ou au développement. L’essentiel c’est que ce soit clairement volontaire (horizon qui penche un peu non, qui penche nettement oui … si c’est pertinent).
Ces lignes peuvent aussi être suggérées (regard, doigt tendu, …). Et elles ne parcourent pas obligatoirement la totalité du cliché (c’est même mieux si elles ne le font pas).







