Quelle idée de consacrer un article du blog aux autoportraits ! Deviendrais-je narcissique ?
En fait l’idée m’est venu à la lecture d’un livre sur Vivian Maier, puis à la visite d’une exposition des œuvres de la même photographe.
Je me suis un peu documenté et me suis rendu compte que de très nombreux artistes, pas seulement photographes d’ailleurs, consacrent une partie non négligeable de leur œuvre à la réalisation d’autoportraits. Et cela depuis longtemps (certains considèrent que les empreintes de mains dans les grottes sont une forme d’autoportraits), c’est un genre à part entière. Alors, pourquoi pas nous.
Les conditions
C’est simple. Vous êtes le sujet, au moins partiel de l’image, vous organisez la mise en scène, vous composez le cadrage, et c’est vous qui appuyez sur le déclencheur. Variante autorisée : toute forme de télécommande (aux débuts de la photographie la télécommande c’était l’assistant).


Les différentes techniques et astuces
- La position de l’appareil : vous avez la possibilité de cadrer avec la vision « reflex » mais votre visage sera caché par l’appareil. Vous pourrez aussi composer au jugé. Autre choix vous utilisez le live-view et l’écran orientable (Avec son 6×6 Vivian Maier faisait un peu comme ça).
- Le reflet simple, ou semi transparent : un grand classique toutes les formes de miroirs du rétroviseur à la salle de bain à la vitrine de magasin. Si vous en avez 2 face à face vous pouvez même organiser une « mise en abîme »
- Autre moyen, vous posez l’appareil sur un trépied (le cadrage est plus complexe, sauf à utiliser un buste ou autre pour tout préparer) puis vous utilisez le déclencheur à distance.
- Enfin, plus sophistiqué, vous intégrez un tirage d’autoportrait à une composition (dans un cadre par exemple, ou autre). Un peu à la manière des peintres qui se représentaient dans leur toile comme un des « figurants ».


Se montrer, ou pas
Il y a de nombreux moyens de contourner la vision classique de l’autoportrait
- Les déguisements
- L’ombre
- Se cacher derrière l’appareil
- La posture
- De dos, de profil, contrejour, plongée, contreplongée fish-eye, …
- Un détail
- Accumulation
- Déformations (anamorphoses)
- Avec des retouches en post-production (surimpression, flous variés ou rajouts graphiques par exemple)
La créativité
Pour ce genre particulier la source de créativité vient de la mise en scène, du cadrage, du choix du point de vue, de la gestion de l’espace négatif qui peut avoir beaucoup d’importance et éventuellement du travail en post production. L’incontournable usage du rétroviseur de voiture devra sans doute être revisité pour apporter un plus … c’est vraiment très, très, vu. Creusons-nous un peu la cervelle !

L’esthétique
Intégrer son autoportrait dans un univers onirique ou humoristique permet d’éviter l’écueil de l’hyperréalisme froid. Mais pour l’essentiel ce sera la composition, le choix et la manière de se mettre en scène qui fera la différence. Suivant la partie du corps que l’on choisit de photographier on peut aussi très vite tomber dans la vulgarité, voire pire. Il faut vraiment avoir en permanence à l’idée de construire une image graphique, intéressante. Ne pas tomber dans le piège de l’exhibitionnisme !
L’erreur à éviter
Le premier degré.
Vous penserez peut-être que c’est le cas de certaines des images qui illustrent cet article … Ou pas …
Finalement
En cherchant dans mes archives des bases iconographiques pour illustrer mon article je me suis rendu compte, à ma grande surprise, que j’avais fait pas mal d’autoportraits. Par contre, souvent à travers un autre projet que ce genre propre, un peu par hasard.
Hors, c’est un domaine intéressant à aborder à part entière, en y consacrant un vrai temps de recherche.



