Mon positionnement pourra paraître un peu « iconoclaste » et provocateur à certains.
A l’heure où notre société adore les concours et les classements pour trouver « le meilleur » : pâtissier, chanteur, agent immobilier, forgeron, photographe, drag-queen, etc. , je pense que dans le domaine des arts ces concours et classements sont malvenus et dangereux. Ils tendent à « normaliser » la création dans les cadres fermés du bon goût, de la mode et … du marché.
L’histoire
Le monde des arts abonde d’exemples de novateurs décriés, moqués. Vous pourrez dire que l’histoire a fini par leur rendre justice. Mais pour quelques-uns reconnus sur le tard (voire après leur décès) combien ont été oubliés et leur travail perdu à jamais ? Quelle que soit notre culture, notre savoir, … notre sens de la répartie … , se poser en critiques (auto proclamés ou « co-proclamés ») et le faire savoir c’est donner comme vérité une norme dont on sait à quel point elle évolue au fil du temps des cultures et des civilisations
Il ne s’agit pas de dire que tout amateur/pratiquant d’art est un génie méconnu, simplement que cette démarche des classements et de la censure du « bon goût », du respect « des règles » et la dictature de l’air du temps est nocive à la la libération du processus créatif.
Bien sûr nous pouvons tout à fait aimer … ou pas, une œuvre d’un auteur reconnu … ou pas. Mais c’est notre affaire, pas celle de l’auteur ! Ne nous érigeons pas en « spécialistes », en « critiques ». Gardons notre avis, négatif ou positif, pour nous.
Conséquences
Si vous communiquez un avis négatif vous allez pousser l’auteur à adopter votre norme, pas à s’exprimer librement. Si vous communiquez un avis positif vous allez encouragez l’auteur à rester dans un cadre figé. Voir les artistes reconnus qui furent très créatifs mais qui se complaisent dans la répétition alimentaire. Ben non je ne citerai pas de noms …
Oui, mais que faire ?
Par contre écoutons sans commentaire l’auteur nous expliquer brièvement ses choix, c’est enrichissant. Un bon moyen de nous ouvrir des horizons nouveaux. Même si je ne suis pas fan des expositions où chaque œuvre est accompagnée d’un roman fleuve où l’auteur dit ce qu’il a voulu faire et dire (très « mode » en ce moment alors qu’un titre peu suffire).
Peut-être quelqu’un nous présentera-t-il une image qui ne le satisfait pas et nous demandera des conseils …. Soyons prudents, avons-nous les compétences pour répondre ? Si la question est très précise et aborde un domaine technique que nous maîtrisons passe encore. Mais s’il est question de « goût » c’est à l’auteur à se trouver en s’imprégnant de ce qu’il voit, qu’il aime, qu’il déteste ou qui l’interroge !