Les conflits graphiques c’est la plaie des photographes, … amateurs surtout. J’en suis régulièrement victime et ça m’énerve !
Qu’est-ce qu’un conflit graphique
Des éléments perturbateurs viennent gêner l’harmonie de l’image. Le plus souvent c’est un objet placé au second ou à l’arrière-plan qui vient « casser » la dynamique du sujet : un poteau, une tâche colorée malvenue, un reflet, un passant, un échafaudage, une poubelle, une ombre, …


Pourquoi ça se produit
Presque toujours par manque d’attention au contenu de l’espace négatif. L’espace négatif d’une image c’est tout ce qui n’est pas le sujet. Obnubilé dans le placement du plan principal de l’image, par la mise en valeur du sujet, ou pressé par le temps, on ne se rend pas compte que derrière ou autour de lui des formes, des lignes, viennent perturber la lecture de la photo.


D’autres fois le conflit est au cœur du sujet lui-même. Ce peut être un reflet sur des lunettes, une tâche sur une fleur, des « blessures » sur des ailes de papillons, une ru-balise ou une barrière, … Si on ne peut pas éviter ou atténuer ces éléments il n’y a que deux choix : ne pas appuyer sur le déclencheur ou minimiser au maximum la gêne et espérer corriger au développement.


Comment y remédier
A la prise de vue, c’est le mieux !
Si vous êtes doués (ou quand vous avez de la chance) rien ne viendra gêner l’image. Mais le plus souvent la seule solution c’est de prendre son temps, d’observer fortement à l’espace négatif, de voir si, en bougeant un tout petit peu, vous ne pourriez pas éliminer ou atténuer l’impact des éléments perturbateurs. On peut aussi quand c’est possible, jouer avec les réglages. Mais le plus efficace reste sans conteste le fait de bouger.
Au post traitement, c’est un pis-aller …
Quand vous avez de la chance, vous pourrez retoucher au développement. Quelquefois un simple recadrage suffit. Attention cependant, il ne faut pas rêver. S’il est assez facile de retoucher une tâche de vieillesse sur une fleur, dans la plupart des cas les corrections entraîneront de nouvelles erreurs qui se verront plus ou moins.


Méfiez-vous de la « créativité » des intelligences artificielles qui, pour remplir l’espace à corriger, créent des objets fantaisistes et/ou des incohérences. Et si ça peut satisfaire pour un format web ça ne trompera pas un œil exercé.


Les objets nets et bien éclairés aux contours contrastés sont plus faciles à retoucher que les objets sombres et flous. Si vous anticipez de supprimer un élément en post production mieux vaut … qu’il soit net.


Dans ce domaine, on a vite tendance à aller trop loin, je le sais, c’est un de mes nombreux défauts photographiques, je ne sais pas quand m’arrêter !
Souvent un minimum d’attention à l’espace négatif pendant la prise de vue permet d’éviter les conflits graphiques !