Que de priorités sur nos appareils ! Automatismes divers : vitesse, ouverture, sensibilité, mélange des trois, manuel, flash, … Sans compter la compensation d’exposition, la plage de sensibilité, et autres possibilités offertes par les menus de chaque appareil.
NON ! je ne vais pas expliquer à quoi servent les différents modes et réglages ! D’abord les manuels l’expliquent, ensuite d’autres en parlent mieux que moi.
Alors ?
Les puristes répondront que chaque réglage à sa spécificité et son utilité. Ils n’ont pas tort, mais, si ce sont des puristes le mode Manuel devrait leur suffire ! D’ailleurs le mode Manuel est souvent considéré comme le « Roi » alors qu’il ne trouve ses racines que dans l’impossibilité technique de faire autrement à l’époque.
Les débutants diront que le mode automatique « vert » est tout à fait suffisant pour eux. Ils n’ont pas tort non plus, jusqu’au jour où en condition particulière (forts contrastes, filtre ND, nuit, etc.) ils constatent que le mode automatique ne répond plus correctement !
Je vais vous dire CHOISISSEZ. Ne perdez pas de temps à vous interroger sur le meilleur mode pour chaque image.
Et vous ?
Personnellement avec mon appareil « lourd » je ne fonctionne plus qu’avec trois modes :
Presque toujours je choisis celui où la sensibilité est réglée automatiquement en fonction de la vitesse et de l’ouverture choisies. J’ai pris le temps en amont de régler la plage de sensibilité dans les limites acceptables pour mon appareil et mon goût. Si nécessaire j’affine avec le correcteur d’exposition. C’est ce mode qui me semble le plus pratique à utiliser. Ainsi j’ai « la main » sur l’ouverture et la vitesse pour les adapter aux circonstances et l’image a davantage de chances de ne pas être sur ou sous exposée.
Le mode synchro flash quand je l’utilise (même si mon flash accepte les hautes vitesses).
Le mode manuel uniquement dans les situations particulières (filtres ND ou infrarouge, photos de nuit, studio, …).
Enfin, avec mon compact de « touriste » j’ai choisi le mode vert. Il fait tout à ma place, je ne me préoccupe que du cadrage et d’éviter les hordes de mes congénères touristes qui gâchent la photo. Il est extrêmement rare que j’en change, même s’il est assez sophistiqué pour me proposer la même gamme de réglages que les appareils « lourds ».
La photographie demande d’acquérir un certain nombre de connaissances théoriques et technologiques en plus d’artistiques. Mais l’incohérence est de constater que les progrès des appareils entraînent une complexification de leur emploi. C’est un paradoxe étrange de voir que les manuels sont de plus en plus épais, les menus, sous-menus, options et autres réglages de plus en plus touffus alors que le matériel moderne est censé nous simplifier la vie. La priorité devrait être le cadrage, pas les soucis techniques !
A l’époque où j’animais un club photo j’ai vu maintes fois des membres perdus et bloqués parce qu’ils avaient oubliés leur manuel. D’autres passer plus de temps penchés sur les petits caractères de ces derniers que sur la composition de leur image. Les compacts haut de gamme en particulier sont de véritables labyrinthes technologiques.
Et maintenant ?
J’entends souvent dire que la quintessence du photographe est le mode manuel. C’est un peu comme dire que le vrai photographe doit utiliser la technologie de Nicéphore Niépce, sinon ce n’est pas un vrai photographe.
J’ai rarement vu des pros passer beaucoup de temps en réglages techniques (exception en studio !!). Mais peut-être qu’ils vont si vite que ça ne se voit pas …
Mieux vaut consacrer son énergie à trouver le cadrage, le point de vue, à chercher la « bonne » lumière … et laisser l’essentiel de la technique à l’appareil.




