Je ne sais pas pour vous, mais il devient de plus en plus difficile de faire une photo dans la rue.
Dans cet article je différencie les photos prises « simplement dans la rue » et les images concernant les personnes.
Prendre des photos dans la rue
Anecdote pas forcément intéressante
Dernièrement je me promène sur un marché de rue lors d’une fête de la poterie. Je ne suis ni potier, ni céramiste. Je m’arrête devant certains stands pour voir quelques objets que je trouve sympas. Mais pas question de les photographier. Si on demande les bouches se tordent, « je ne préfère pas ».
Débile ! Débile sur le plan légal, on est dans un lieu public, débile aussi sur les plans artistique et commercial. Ces gens exposent leurs œuvres à tout le monde, ont des sites internet avec des images, les exposent sur les réseaux sociaux … Mais, ils ne veulent pas qu’on photographie une de leur production étalée sur un marché. Ils se croient sans doute si géniaux qu’ils ont peur qu’on pille leurs idées ! Dommage , pour la mémoire.
Rassurez-vous, ils ne sont pas tous aussi … Certains au contraire sont flattés que l’on s’intéresse à leurs réalisations. Maintenant je n’achète sur ces stands que si on m’a autorisé à photographier !
Notons qu’à quelques pas il y a un musée de la céramique, où l’on peut immortaliser les œuvres créatives d’artistes célèbres !
Heureusement il reste des tas de choses à photographier en se promenant dans la rue ! des bâtiments, des tags, des publicités, des devantures, des animaux, … et toute une vie particulière. Il suffit d’avoir un œil assez exercé ( malheureusement je ne parle pas de moi !) pour combiner, détourner le banal. Être créatif est plus lié au point de vue qu’au lieu.
Photographier des personnes
Une règle d’or : respecter la vie privée des personnes, en particulier celle des enfants (ne photographiez jamais des enfants, et, même si vous avez eu l’autorisation des parents, n’exposez pas l’image. Même si l’enfant n’est pas reconnaissable !
- L’intimité des personnes est sacrée, elle est aussi liée à la notion de liberté.
- Pour des artisans par exemple demandez l’autorisation, puis faites-vous oublier afin de capter une posture naturelle.
- Ne cherchez jamais le conflit. Non, c’est non !
- Ne photographiez pas les gens de près et de face sans leur autorisation, c’est agressif et presque grossier !
J’essaie de ne pas photographier « frontalement ». Pour 2 raisons : c’est moins intrusif, moins repérable, plus facile donc, et l’image est souvent plus dynamique.
La technique
Mieux vaut un appareil pas trop volumineux et une focale fixe équivalente à un 35mm environ pour avoir des mouvements fluides et faciles et un angle de champ assez large. Mieux encore un écran orientable, ou s’entraîner à photographier au jugé.
Le seul truc à savoir c’est qu’il faut être rapide, observateur et « léger ». Il y a deux stratégies. La première : vous vous postez dans un endroit intéressant (devant une affiche, un objet, …) et vous attendez le moment propice. La seconde vous vous promenez dans un lieu fréquenté et vous observez ce qu’il s’y passe. C’est un peu comme l’affut vs la billebaude en animalier.
- Choisir une vitesse suffisante pour éviter les flous de bouger (1/250ème c’est bien).
- Régler l’ouverture à 5.6 minimum.
- Personnellement, je surexpose de 0.5 IL en tenant compte des hautes lumières. Je laisse les isos libres de vaquer à leurs occupations jusqu’à 3200 ou 6400 suivant l’appareil.
Traditionnellement la mise au point se prérègle en manuel. Je choisis une combinaison ouverture/distance qui me permet d’être « net » de 2 à 12m dans les environnements « serrés » ou réglé sur l’hyperfocale quand i y a de l’espace. L’hyperfocale c’est un réglage qui, en fonction de l’ouverture, vous donne une netteté d’une certaine distance à l’infini.
Les vieux objectifs ont, gravés sur leur fût, les indications de profondeur de champ. Sinon plusieurs applications pour smartphones les calculent pour vous. De plus en plus d’objectifs n’indiquent plus l’échelle des distances, les MAP étant de nos jours très rapides. En manuel il faudra « caler » la distance avant.
L’inconvénient de ce système c’est le flou de profondeur de champ dès qu’on sort de la fourchette prévue. Suivant le lieu ça peut arriver souvent. Si votre autofocus est rapide vous pouvez le laisser en automatique. Mais là se pose le problème du choix de la cible par l’appareil. Il ne choisira pas forcément le sujet qui vous intéresse.
Déconnecter les économies d’énergie et l’extinction automatique. Le court laps de temps que nécessite le « réveil » de l’appareil peut vous faire rater le cliché. Autre conséquence prévoir une batterie de secours.
Le mode rafale lente peut aussi rendre service. Comme l’obturation électronique plus silencieuse (mais attention au rolling shutter …).
C’était mieux avant …
De nos jours c’est compliqué de photographier des gens dans la rue. Vous faites des photos de rue, vous êtes forcément un dangereux délinquant, un voleur, un maniaque, un pervers. « Bandit, voyou, voleur, chenapan … » C’est la chasse au photographe de rue !
Ça n’a pas toujours été le cas …
Je ne serais donc jamais R. Doisneau, H-C Bresson, S. Weiss, V. Maier, ou M. Parr…
Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression, à votre sourire, que ça ne vous surprend pas 😉







