En général, nous nous efforçons d’optimiser le cadrage lors de la prise de vue. Pourtant à ce moment-là bien des choses risque de nous échapper (nous, amateurs moyens …).
Je reviens sur ce sujet en essayant de préciser et compléter le précédent.


Avant tout
Les efforts de retouches (recadrage, dé-bruitage, luminosité, colorimétrie, piqué, etc. ne peuvent pas porter sur la totalité de nos images. Il est indispensable de ne sélectionner que celles qui ont un potentiel jugé intéressant. C’est à mon sens la principale difficulté à laquelle est confronté le photographe, amateur ou professionnel, en post production.
On voit dans les archives des grands photographes combien ils triaient et éliminaient les clichés, à partir des planches contact, pour ne choisir qu’une ou deux images à tirer. Du temps de l’argentique, vu le prix des tirages on sélectionnait ces derniers directement à partir des films développés ou de mini tirages effectués à partir de négatifs simplement posés sur une feuille de papier photo : les planches contact. De nombreux développeurs raw modernes présentent encore les clichés sous cette forme condensée.
Pourtant, exception à la règle, et ce sera l’objet d’un prochain article, il peut être intéressant une fois de temps en temps de s’acharner sur une image médiocre, pour bien comprendre la somme d’erreurs qu’elle contient. Celle que je vous proposerai en contient beaucoup pas toujours flagrantes. Ça paraît étrange mais c’est très formateur !


Qu’est-ce qui nous échappe
- Nous n’avons pas pu cadrer aussi « serré » que souhaité (interdictions d’approcher variées).
- Ce que nous ne pouvons éviter. Les éléments gênants sont quelquefois inévitables, malgré notre attention.
- Les bords du cadre. Il arrive très souvent que nous ne prêtions pas suffisamment d’attention aux bords du cadre qui contiennent des éléments perturbateurs.
- L’horizon … pas horizontal … ma spécialité !
- La totalité du sujet à tout prix : les bons (pros ou amateurs) savent couper, et surtout quoi et comment couper. C’est une des difficultés de la photo : il n’est pas forcément nécessaire de « tout » photographier pour qu’une image soit pertinente. On ne s’en rend pas forcément compte à la prise de vue.
- Les formats : 16/9, carré ou autres. Nos appareils capturent des images au format 2×3 (en général). De nombreuses compositions seront plus pertinentes dans un autre format.
Et pourquoi pas recadrer
- Dynamiser l’image. Quelquefois un léger recadrage, avec une petite rotation ou une symétrie améliorera le potentiel graphique du cliché (mise en valeur des lignes et diagonales, direction « optimiste », etc.).
- Cropper. C’est un agrandissement « virtuel » d’une partie de l’image en coupant la plus grande partie de celle-ci. Bon, là il faut se méfier, ça peut marcher avec modération ou pour un format web, mais pas du tout si vous souhaitez faire un tirage papier 30×45 ou plus qui vous demandera au moins 10 millions de pixels.
- Essayer divers cadrages « pour voir ».
- Tenter un recadrage original qui rendra l’image plus intrigante et donc captera plus longtemps l’œil du spectateur.


Au final
Les meilleures images restent bien sûr celles qui n’ont besoin d’aucunes retouches pour vous satisfaire. La règle me semble toujours la même : plus on retouche plus l’image de base était médiocre (je retouche … beaucoup !!). A l’exception cependant des recherches graphiques sur certaines images qui constituent un domaine particulier proche de la peinture ou du dessin.



